Les Troubles DYS


Les Troubles DYS

Les troubles Dys sont des formes particulières de troubles du neurodéveloppement (TND).

Les troubles DYS regroupent un ensemble de troubles spécifiques des apprentissages.

Ils affectent certaines compétences scolaires malgré une intelligence globale normale, un environnement favorable et une scolarité adaptée.

Ils ne sont pas liés à un manque d’effort ou de motivation, mais à des difficultés neurologiques dans le traitement de l’information.

Ils peuvent toucher la lecture, l’écriture, le calcul ou la coordination
motrice fine.

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« Apprendre est parfois un

labyrinthe pour moi, les mots,

les chiffres ou les gestes se

bousculent, mais je continue,

pas à pas, à trouver ma route.  »

Les troubles DYS regroupent plusieurs catégories principales, chacune touchant une fonction spécifique de l’apprentissage ou du langage. On distingue généralement 7 troubles principaux, selon les sources, mais les plus reconnus sont :

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Les Troubles DYS à travers le temps


On les appelle troubles Dys parce que le préfixe « dys‑ » vient du grec et signifie « difficulté » ou « anomalie », indiquant que ces troubles impliquent des difficultés spécifiques dans certaines fonctions comme la lecture (dyslexie), l’écriture (dysgraphie) ou le calcul (dyscalculie).

1861
Les premières découvertes sur le langage

On peut considérer que la première étude est réalisée par Broca lorsqu’il publie les résultats de l’autopsie d’un patient aphasique (« sans parole ») en 1861. Il décrit alors avec précision le siège de la lésion cérébrale en cause. C’est ce que l’on appelle l’aire de Broca.

1861
Fin des années 1800
Les premières observations

En 1877, le médecin allemand Adolph Kussmaul décrit un phénomène appelé “cécité verbale” (incapacité à lire malgré une vision normale).

En 1887, Rudolf Berlin invente le terme dyslexie, venant du grec dys (difficulté) et lexie (mot/lecture), pour décrire l’incapacité à lire.

En 1896, le médecin britannique W. Pringle Morgan publie un article sur un garçon intelligent incapable d’apprendre à lire. C’est l’un des premiers cas documentés de dyslexie.

À cette époque, on pense surtout à un problème neurologique isolé lié à la lecture.

Fin des années 1800
1925
Naissance du concept de Dyslexie

Le neurologue américain Samuel Torrey Orton étudie les enfants qui inversent les lettres ou les mots.

Il introduit l’idée que la dyslexie est liée à une organisation particulière du cerveau, pas à un manque d’intelligence.

1925
1970-1990
Reconnaissance scientifique

En 1985, Richard Olson et Vogler démontrent l’origine génétique de la dyslexie à travers l’étude de jumeaux et la probabilité de transmission familiale.

Les chercheurs en psychologie cognitive et en neurosciences commencent à étudier les mécanismes de la lecture et du langage.

On comprend que la dyslexie est souvent liée à des difficultés dans le traitement des sons du langage (conscience phonologique).

Le terme global “troubles spécifiques des apprentissages” apparaît.

1970-1990
1990-2000
Progrès des neurosciences

Avec l’imagerie cérébrale (IRM, etc.) :
➡️ Les chercheurs observent des différences dans certaines zones du cerveau liées au langage et à la lecture.

On confirme que les troubles dys sont neurodéveloppementaux (liés au développement du cerveau).
Ils ne sont ni une maladie, ni un manque d’effort, ni un déficit intellectuel.

En 1997, classification officielle de la dyslexie développementale comme maladie génétique.

1990-2000
Aujourd’hui
Reconnaissance et inclusion

Les troubles dys sont mieux diagnostiqués.

Les systèmes scolaires proposent des aménagements pédagogiques :
-temps supplémentaire
-outils numériques
-police adaptée
-accompagnement spécialisé

En France, ils sont reconnus dans les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA).

Aujourd’hui


Les idées reçues, fausses croyances et réalités concernant les Troubles DYS

Le fonctionnement d’un enfant avec un Trouble DYS


Les troubles DYS regroupent des troubles spécifiques du développement, qui peuvent toucher un ou plusieurs domaines.

Ces troubles ne relèvent pas d’un manque d’intelligence. Les enfants DYS sont souvent très lucides sur leurs difficultés… ce qui peut entamer leur confiance.

Capacté d’apprentissageRetards ponctuels, résultats inégaux, découragement
PsychologiqueAnxiété, manque de confiance en soi, frustration
Interaction socialeDifficultés à se comparer aux pairs, isolement possible


Le(s) spécialiste(s) vers lesquel(s) s’orienter pour poser un diagnostic ?

Selon les difficultés observées :

Médecin traitant : Premier interlocuteur (indispensable) qui permet d’éliminer des causes médicales générales (vue, audition, troubles neurologiques, troubles hormonaux, etc.). Quoi qu’il arrive, un dépistage de troubles DYS est systématiquement réalisé pendant la visite médicale de la sixième année d’école.

Orthophoniste : Il permet de poser un bilan spécialisé pour la dyslexie, dysorthographie, dyscalculie ou dysphasie.

Psychomotricien ou Ergothérapeute : Il permet de poser un bilan spécialisé pour la dyspraxie ou trouble de la coordination motrice.

Neurologue ou Psychiatre : Il permet d’identifier d’éventuelles anomalies cérébrales ou troubles associés, pour d’autres Troubles DYS. Il réalise des tests cognitifs, de QI ou de mémoire notamment.

Une fois le ou les troubles DYS diagnostiqués, un parcours de prise en charge sera mis en place. Pour s’adapter à la nature et au niveau de difficultés, chaque suivi est unique. 

Vous avez un doute pour votre enfant/ ou un enfant de votre classe ? En attendant le diagnostic, vous pouvez vous renseigner en compléter le formulaire de IdentiDys (ce n’est paas un diagnostic médical mais une échelle d’aide au repérage des troubles DYS).

Une fois le ou les troubles DYS diagnostiqués, un parcours de prise en charge sera mis en place.

Pour s’adapter à la nature et au niveau de difficultés, chaque suivi est unique. Seulement, les délais d’attente pour des rendez-vous chez les professionnels de santé spécialisés sont souvent longs, trop longs.


Les aménagements à mettre en place à l’école

A savoir : les idées d’aménagements seront plus détaillées dans l’espace dédié aux enseignants.


🎧 Organisation – environnement adapté

Place stratégique : près du tableau, loin des sources de distraction
Matériel accessible et organisé : trousse rangée, supports de cours à portée de main
Pause active : autoriser l’enfant à se lever, bouger ou manipuler un objet sensoriel
Crayons triangulaires ou stylos ergonomiques
Fiches et tableaux colorés pour mémorisation
Feuilles lignées, quadrillées ou interlignées pour aider la structuration

📚 Apprentissages – repères clairs

Alléger la charge écrite : réponses orales, pictos
• Limiter la double tâche
Consignes courtes et répétées, découpées en étapes simples
• Donner du temps supplémentaire
Routine claire : emploi du temps visuel avec pictogrammes ou codes couleurs
Textes adaptés : polices lisibles , interlignes larges, papier à lignes larges
Outils de compensation : table des sons, carte mémoire, synthèse vocale, applications, surligneurs, stylo scanner

💙 Bien-être émotionnel – émotions et communication

Transitions annoncées pour éviter le stress et l’anxiété
• Mettre en place un cahier de liaison avec la famille pour repérer les déclencheurs et évolutions
• Encouragements fréquents pour valoriser l’effort et limiter la frustration
Codage visuel des émotions pour aider l’enfant à identifier ce qu’il ressent
• Mini-tableau de récompenses ou stickers



Les aménagements à mettre en place à la maison

A savoir : les idées d’aménagements seront plus détaillées dans l’espace dédié aux parents.


🤝 Dans les relations

Ne pas réduire l’enfant à son trouble (« le dys » ou « le nul en orthographe »)
Valoriser les compétences transversales (créativité, mémoire visuelle,
raisonnement…)
Accueillir les fatigues cognitives : ces enfants se fatiguent vite, parfois dès 10h
Valoriser l’effort plutôt que le résultat
Cahier ou cartes des émotions pour exprimer ce qu’il ressent



💼 Pour faciliter les devoirs

Espace calme avec peu de distractions
Matériel organisé : trousse complète, feuilles et supports à disposition
Routine stable : horaires réguliers pour les devoirs, les repas et le coucher (avec supports visuels)
Supports audio pour les lectures longues (livres audio)
Découpage des exercices en petites étapes pour éviter la surcharge
Manipulables à la maison : cubes, jetons, abaques pour visualiser les nombres
Tâches découpées et planifiées : emploi du temps visuel à la maison


🗣️ Des astuces adaptées selon le trouble DYS

Dyslexie : codes de couleur pour les syllabes, une police d’écriture spéciale (OpenDyslexic, Arial 14, Lexie etc.), dictée vocale.
Dyspraxie : repérages visuels du quotidien (Time Timer), aide à l’écriture (combi-pack manchon), aide au découpage (ciseau easy-grip), aide à la posture (coussin dynair), protéger des distractions (barrière).
• Dysgraphie : préparer son enfant à l’écriture, des activités pour le préparer au graphisme.
Dyscalculie : des solutions visuels adaptées .


A faire … et à éviter

✔️ Adapter les supports (taille de police,
espacement, pictos)

✔️ Répéter tranquillement les consignes

✔️ Laisser l’enfant utiliser ses outils librement

✔️ Travailler l’estime de soi

❌ Imposer une copie longue ou dense

❌ “Tu ne fais pas attention” ou “tu n’as qu’à écouter”

❌ Les retirer pour « voir ce qu’il vaut vraiment »

❌ Rabaisser sous prétexte d’exigence


Des sites pour en savoir plus