LE TDA/H


Le Trouble de déficit de l’attention avec/sans hyperactivité (TDAH)


Le TDA/H est l’un des troubles du neurodéveloppement (TND) : il apparaît durant le développement du cerveau et peut affecter l’attention, le comportement et la régulation des émotions.

Le TDA/H est un trouble de l’attention qui peut inclure de l’hyperactivité et de l’impulsivité, tandis que le TDA correspond surtout à des difficultés d’attention sans hyperactivité.

Il concerne aussi bien les enfants que les adultes.

Les premiers signes surviennent en général avant l’âge de 12 ans

Plus le diagnostic se fait tôt, plus vite la prise en charge de l’enfant est mise en place avec un accompagnement adapté pour l’appuyer dans son quotidien et éviter l’aggravation des conséquences psychologiques, scolaires, familiales et sociales.

Les personnes concernées peuvent rencontrer :

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« Me concentrer est difficile,

mes pensées vont trop vite et

mes émotions débordent parfois,

mais j’essaie chaque jour

d’apprendre à les apprivoiser. »

Le TDAH à travers le temps


Contrairement à des mots anciens dont les racines plongent dans le latin ou le grec, le TDAH est un acronyme descriptif, c’est une construction médicale. Il combine la notion latine de manque (déficit) et de tension de l’esprit (attention) avec le concept grec d’excès (hyper-activité),

Fin des années 1800
Les premières observations

H. Hoffmann en Allemagne (1845) et Bourneville en France (1897) ont décrit pour la première fois des cas d’instabilité motrice d’abord chez les enfants puis chez les adultes.

L’observation clinique, a permis de fonder, dès 1897, avec le français Bourneville, le concept d’« Instabilité Neuro motrice ». Celui-ci s’enrichira des apports de Wallon qui l’inclura dans une classification nosographique plus large : le Syndrome d’Instabilité de l’Enfant.

Fin des années 1800
1905
Des anomalies mentales chez des écoliers


Georges Paul-Boncour s’intéresse à l’évolution scolaire des enfants présentant des «anomalies mentales».
Dans Les anomalies mentales chez les écoliers (1905), il cite plusieurs cas d’enfants étiquetés «épileptiques», mais sans crises avérées.

Alfred Binet, dans son ouvrage Les enfants anormaux (1905), affirme que « l’instable est pour l’École une gêne perpétuelle ; le maître juge sans bienveillance ce mauvais
élève qui trouble constamment l’ordre dans la classe et compromet son autorité. » Les descriptions cliniques de ces enfants, jugés alors comme «anormaux», rappellent curieusement certains critères diagnostiques qui seront communément utilisés près d’un siècle après…

1905
1930-1950
Les premières interventions

Les recherches médicales commencent à considérer l’hyperactivité comme un trouble biologique possible.

Les stimulants comme la benzédrine (un précurseur de l’amphétamine) sont testés pour calmer certains enfants hyperactifs, marquant le début de la pharmacothérapie pour ces symptômes.

1930-1950
1960-1970
Formalisation du trouble

On distingue encore principalement l’hyperactivité et non le déficit d’attention comme symptôme principal.
Les recherches commencent à identifier des différences neurobiologiques chez ces enfants, notamment dans les régions du cerveau liées à l’attention et à l’inhibition.

1960-1970
1980
Apparition du TDAH

Le DSM-III (1980) introduit le terme ADHD (Attention Deficit Hyperactivity Disorder), en reconnaissant trois types principaux :
➡️ Hyperactif-impulsif
➡️ Inattentif
➡️ Combiné (les deux précédents)

Cette classification inclut pour la première fois le déficit d’attention comme symptôme central, pas seulement l’hyperactivité.

On parle à présent de TDAH : trouble déficit de l’attention / hyperactivité, non plus de THADA : trouble d’hyperactivité avec déficit d’attention (cette dernière terminologie remonte, à 1987 et est aujourd’hui obsolète).

1980
1990-2000
Reconnaissance et traitement moderne

La recherche confirme que le TDAH est un trouble neurodéveloppemental avec une forte composante génétique !

Les traitements pharmacologiques comme le méthylphénidate et la dextroamphétamine deviennent des standards pour gérer les symptômes.
La prise en compte des symptômes chez les adultes commence à se développer.

1990-2000
Aujourd’hui
Une vision neurodéveloppementale

Après une longue histoire d’errance, de préjugés et d’incompréhension, le TDAH prend sa place en consultation médicale, et s’inscrit dans les nouvelles préoccupations en santé mentale.

Le TDAH est reconnu comme un trouble neurodéveloppemental persistant pouvant affecter la vie scolaire, professionnelle et sociale.

La recherche explore les différences neurobiologiques et génétiques, ainsi que l’impact de l’environnement.

Les traitements combinent souvent médication, thérapie comportementale et adaptations scolaires.

Aujourd’hui


Les idées reçues, fausses croyances et réalités concernant le TDAH

Le fonctionnement d’un enfant avec un TDAH


Le Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité n’est pas un manque de volonté, mais un trouble neurodéveloppemental.

L’enfant TDAH n’est ni fainéant, ni mal élevé. Il a un moteur qui tourne vite et des freins encore fragiles.
Notre cadre calme = son garde-fou.

Et quand il réussit… même un petit pas : on le dit. On le montre. On l’écrit.

InattentionOublis fréquents, difficulté à rester concentré, saute d’une tâche à l’autre, a besoin qu’on répète plusieurs fois
ImpulsivitéCoupe la parole, agit sans réfléchir, réagit vite (colère, opposition)
Hyperactivité motriceBouge sans arrêt, se lève souvent, joue avec tout ce qui traîne
Fatigabilité / irritabilitéS’effondre en fin de journée, crises imprévisibles


Le(s) spécialiste(s) vers lesquel(s) s’orienter pour poser un diagnostic ?


Cette liste n’est pas exhaustive car chaque professionnel peut conseiller en fonction de la situation de l’enfant, de prendre rendez-vous avec un autre professionnel qu’il juge pertinent.

Médecin traitant ou pédiatre : Premier interlocuteur (indispensable) qui procédera à une première évaluation et vous orientera vers un spécialiste du TDAH (comme un psychiatre, un pédopsychiatre ou un neuropédiatre) s’il le juge nécessaire. Le spécialiste pourra alors mener une évaluation approfondie et confirmer ou non le diagnostic.

Pédopsychiatre : Il peut poser un diagnostic médical officiel, avec prescription si nécessaire. Il est apte à identifier les troubles associés (anxiété, opposition, troubles du sommeil…) et coordonne les bilans complémentaires (neurospy, orthonie, etc.)

Orthophoniste : Il permet de travailler la mémoire de travail verbale et la compréhension orale. Aussi, il renforme la capacité à suivre une consigne, planifie et organiser. Il soutient les apprentissages scolaires.

Neuropsychologue : Il évalue les fonctions cognitives : attention, mémoire, planification, flexibilité mentale. Il permet de différencier un TDAH d’un autre trouble (anxiété, dépression, TSA, HPI, HPE,…). Il alimente un diagnostic posé ensuite par un médecin.

Psychomotricien : Il travaille la relation au corps, souvent négligée dans les approches purement cognitives. Il aide aussi à l’intégration sensorielle, à l’ancrage et à l’apaisement physique. Egalement, il propose des exercices structurés pour améliorer la posture, l’attention et la motricité fine.

Ergothérapeute : L’ergothérapeute n’est pas “réservé aux enfants moteurs”. Dans le TDAH, il peut littéralement transformer le quotidien. Il permet de créer des routines visuelles, simples et adaptables (matin, devoirs, repas…). Il peut aussi aider à la structuration de l’espace et entraîner les fonctions exécutives de manière concrète et ludique.

Pour s’adapter à la nature et au niveau de difficultés, chaque suivi est unique. Seulement, les délais d’attente pour des rendez-vous chez les professionnels de santé spécialisés sont souvent longs, trop longs.

Il ne faut pas hésiter à réaliser les demandes et les actions en simultané.


Les aménagements à mettre en place à l’école

A savoir : les idées d’aménagements seront plus détaillées dans l’espace dédié aux enseignants.


🎧 Autorégulation – pour se recentrer

Instaurer des pauses actives : mouvements encadrés, petits déplacements autorisés
Accorder un droit au mouvement : élastique sous la chaise, ballon-siège, possibilité de se lever
Coin calme / coin retour au calme avec coussins, casque anti-bruit, balle anti-stress.

📚 Apprentissages – repères clairs pour lire et comprendre

Découper les tâches : consignes courtes, étapes visibles, minuteur visuel
Utiliser un référentiel visuel : ce que je dois faire, ce que j’ai déjà fait
Valoriser les efforts, pas que les résultats : “Tu t’es mis au travail tout de suite, bravo.”
Timer visuel ou sablier pour aider à gérer le temps


💙 Vivre ensemble – supports pour parler des différences

• Mettre en place un cahier de liaison avec la famille pour repérer les déclencheurs et évolutions
Instaurer des règles positives (ex : “on écoute quand quelqu’un parle”)
• Encourager les compétences socio-émotionnelles : roue des émotions, météo des émotions, jeux de rôle, exercices de respiration


Les aménagements à mettre en place à la maison

A savoir : les idées d’aménagements seront plus détaillées dans l’espace dédié aux parents.


🤝 Dans les relations

Rester calme, même quand l’enfant explose
Recadrer avec bienveillance mais fermeté (ton posé + rappel clair de la règle)
Renforcer les comportements positifs (immédiatement, visiblement)
Prévoir un adulte “tampon” pour relayer en cas de surcharge


💼 Pour faciliter l’organisation

• Time Timer, minuteurs colorés
• Fidgets silencieux autorisés
• Cartes étapes / tâches
• Fiche de renforcement positif (étoiles, tampons, smileys…)
• Coin “bouge et reviens” (corde à sauter, parcours sensoriel)


🗣️ En cas de crise

Diriger vers un espace de recentrage (coussin, coin sensoriel, objet refuge)
Ne pas exclure brutalement : proposer un sas, un rituel d’apaisement
Ne pas moraliser sur le comportement : attendre le retour au calme pour en parler


A faire … et à éviter

✔️ Autoriser le mouvement utile

✔️ Sécuriser sans contraindre

✔️ Poser des règles simples, répétées et visibles

✔️ Canaliser avec des routines claires

✔️ Rappeler qu’on a confiance

❌ Exiger l’immobilité absolue

❌ Punir pour chaque débordement

❌ Multiplier les consignes ou les exceptions

❌ Changer sans prévenir

❌ Dire “tu n’y arrives jamais”


Des sites pour en savoir plus