Le TDA/H est un trouble de l’attention qui peut inclure de l’hyperactivité et de l’impulsivité, tandis que le TDA correspond surtout à des difficultés d’attention sans hyperactivité.
Il concerne aussi bien les enfants que les adultes.
Les premiers signes surviennent en général avant l’âge de 12 ans.
Plus le diagnostic se fait tôt, plus vite la prise en charge de l’enfant est mise en place avec un accompagnement adapté pour l’appuyer dans son quotidien et éviter l’aggravation des conséquences psychologiques, scolaires, familiales et sociales.
Les personnes concernées peuvent rencontrer :
- des troubles d’inatention,
- des signes d’hyperactivité et d’impulsivité selon les cas.
H. Hoffmann en Allemagne (1845) et Bourneville en France (1897) ont décrit pour la première fois des cas d’instabilité motrice d’abord chez les enfants puis chez les adultes.
L’observation clinique, a permis de fonder, dès 1897, avec le français Bourneville, le concept d’« Instabilité Neuro motrice ». Celui-ci s’enrichira des apports de Wallon qui l’inclura dans une classification nosographique plus large : le Syndrome d’Instabilité de l’Enfant.
Georges Paul-Boncour s’intéresse à l’évolution scolaire des enfants présentant des «anomalies mentales».
Dans Les anomalies mentales chez les écoliers (1905), il cite plusieurs cas d’enfants étiquetés «épileptiques», mais sans crises avérées.
Alfred Binet, dans son ouvrage Les enfants anormaux (1905), affirme que « l’instable est pour l’École une gêne perpétuelle ; le maître juge sans bienveillance ce mauvais
élève qui trouble constamment l’ordre dans la classe et compromet son autorité. » Les descriptions cliniques de ces enfants, jugés alors comme «anormaux», rappellent curieusement certains critères diagnostiques qui seront communément utilisés près d’un siècle après…
Les recherches médicales commencent à considérer l’hyperactivité comme un trouble biologique possible.
Les stimulants comme la benzédrine (un précurseur de l’amphétamine) sont testés pour calmer certains enfants hyperactifs, marquant le début de la pharmacothérapie pour ces symptômes.
On distingue encore principalement l’hyperactivité et non le déficit d’attention comme symptôme principal.
Les recherches commencent à identifier des différences neurobiologiques chez ces enfants, notamment dans les régions du cerveau liées à l’attention et à l’inhibition.
Le DSM-III (1980) introduit le terme ADHD (Attention Deficit Hyperactivity Disorder), en reconnaissant trois types principaux :
➡️ Hyperactif-impulsif
➡️ Inattentif
➡️ Combiné (les deux précédents)
Cette classification inclut pour la première fois le déficit d’attention comme symptôme central, pas seulement l’hyperactivité.
On parle à présent de TDAH : trouble déficit de l’attention / hyperactivité, non plus de THADA : trouble d’hyperactivité avec déficit d’attention (cette dernière terminologie remonte, à 1987 et est aujourd’hui obsolète).
La recherche confirme que le TDAH est un trouble neurodéveloppemental avec une forte composante génétique !
Les traitements pharmacologiques comme le méthylphénidate et la dextroamphétamine deviennent des standards pour gérer les symptômes.
La prise en compte des symptômes chez les adultes commence à se développer.
Après une longue histoire d’errance, de préjugés et d’incompréhension, le TDAH prend sa place en consultation médicale, et s’inscrit dans les nouvelles préoccupations en santé mentale.
Le TDAH est reconnu comme un trouble neurodéveloppemental persistant pouvant affecter la vie scolaire, professionnelle et sociale.
La recherche explore les différences neurobiologiques et génétiques, ainsi que l’impact de l’environnement.
Les traitements combinent souvent médication, thérapie comportementale et adaptations scolaires.
Toutes les personnes avec TDAH sont hyperactives ?
Non, absolument pas. C’est une idée reçue très répandue. Le TDAH peut se manifester de trois manières principales : Type hyperactif-impulsif, Type inattentif et type combiné qui mélange les 2 symptômes.
On est tous un peu TDAH ?
On entend souvent « on est tous un peu TDAH », mais chez les personnes concernées, les difficultés de concentration sont plus fréquentes et plus intenses à cause d’un déficit en dopamine.
Et il lui en faudra beaucoup plus pour démarrer et maintenir la concentration sur une tâche.
Si l’enfant se comporte mal, c’est la faute des parents ?
Les parents se sentent souvent coupables, mais le TDAH n’est pas dû à une mauvaise éducation : il résulte d’une interaction entre gènes et environnement qui affecte le développement du cerveau.
Il n’est donc pas rare que l’un des parents ou même les deux présentent un TDAH.
| Inattention | Oublis fréquents, difficulté à rester concentré, saute d’une tâche à l’autre, a besoin qu’on répète plusieurs fois |
| Impulsivité | Coupe la parole, agit sans réfléchir, réagit vite (colère, opposition) |
| Hyperactivité motrice | Bouge sans arrêt, se lève souvent, joue avec tout ce qui traîne |
| Fatigabilité / irritabilité | S’effondre en fin de journée, crises imprévisibles |
→ Médecin traitant ou pédiatre : Premier interlocuteur (indispensable) qui procédera à une première évaluation et vous orientera vers un spécialiste du TDAH (comme un psychiatre, un pédopsychiatre ou un neuropédiatre) s’il le juge nécessaire. Le spécialiste pourra alors mener une évaluation approfondie et confirmer ou non le diagnostic.
→ Pédopsychiatre : Il peut poser un diagnostic médical officiel, avec prescription si nécessaire. Il est apte à identifier les troubles associés (anxiété, opposition, troubles du sommeil…) et coordonne les bilans complémentaires (neurospy, orthonie, etc.)
→ Orthophoniste : Il permet de travailler la mémoire de travail verbale et la compréhension orale. Aussi, il renforme la capacité à suivre une consigne, planifie et organiser. Il soutient les apprentissages scolaires.
→ Neuropsychologue : Il évalue les fonctions cognitives : attention, mémoire, planification, flexibilité mentale. Il permet de différencier un TDAH d’un autre trouble (anxiété, dépression, TSA, HPI, HPE,…). Il alimente un diagnostic posé ensuite par un médecin.
→ Psychomotricien : Il travaille la relation au corps, souvent négligée dans les approches purement cognitives. Il aide aussi à l’intégration sensorielle, à l’ancrage et à l’apaisement physique. Egalement, il propose des exercices structurés pour améliorer la posture, l’attention et la motricité fine.
→ Ergothérapeute : L’ergothérapeute n’est pas “réservé aux enfants moteurs”. Dans le TDAH, il peut littéralement transformer le quotidien. Il permet de créer des routines visuelles, simples et adaptables (matin, devoirs, repas…). Il peut aussi aider à la structuration de l’espace et entraîner les fonctions exécutives de manière concrète et ludique.
Pour s’adapter à la nature et au niveau de difficultés, chaque suivi est unique. Seulement, les délais d’attente pour des rendez-vous chez les professionnels de santé spécialisés sont souvent longs, trop longs.
Il ne faut pas hésiter à réaliser les demandes et les actions en simultané.
✔️ Autoriser le mouvement utile
✔️ Sécuriser sans contraindre
✔️ Poser des règles simples, répétées et visibles
✔️ Canaliser avec des routines claires
✔️ Rappeler qu’on a confiance
❌ Exiger l’immobilité absolue
❌ Punir pour chaque débordement
❌ Multiplier les consignes ou les exceptions
❌ Changer sans prévenir
❌ Dire “tu n’y arrives jamais”
A savoir, la France met actuellement en place une filière de soins dédiée au TDAH dans chaque région pour mieux organiser le diagnostic et la prise en charge.
Des centres ressources régionaux spécialisés seront créés pour coordonner les soins et accompagner les cas complexes.
L’objectif est de réduire les délais, éviter l’errance médicale et améliorer le suivi des patients.

