Les troubles DYS regroupent un ensemble de troubles spécifiques des apprentissages.
Ils affectent certaines compétences scolaires malgré une intelligence globale normale, un environnement favorable et une scolarité adaptée.
Ils ne sont pas liés à un manque d’effort ou de motivation, mais à des difficultés neurologiques dans le traitement de l’information.
Ils peuvent toucher la lecture, l’écriture, le calcul ou la coordination
motrice fine.
Les troubles DYS regroupent plusieurs catégories principales, chacune touchant une fonction spécifique de l’apprentissage ou du langage. On distingue généralement 7 troubles principaux, selon les sources, mais les plus reconnus sont :
On peut considérer que la première étude est réalisée par Broca lorsqu’il publie les résultats de l’autopsie d’un patient aphasique (« sans parole ») en 1861. Il décrit alors avec précision le siège de la lésion cérébrale en cause. C’est ce que l’on appelle l’aire de Broca.
En 1877, le médecin allemand Adolph Kussmaul décrit un phénomène appelé “cécité verbale” (incapacité à lire malgré une vision normale).
En 1887, Rudolf Berlin invente le terme dyslexie, venant du grec dys (difficulté) et lexie (mot/lecture), pour décrire l’incapacité à lire.
En 1896, le médecin britannique W. Pringle Morgan publie un article sur un garçon intelligent incapable d’apprendre à lire. C’est l’un des premiers cas documentés de dyslexie.
À cette époque, on pense surtout à un problème neurologique isolé lié à la lecture.
Le neurologue américain Samuel Torrey Orton étudie les enfants qui inversent les lettres ou les mots.
Il introduit l’idée que la dyslexie est liée à une organisation particulière du cerveau, pas à un manque d’intelligence.
En 1985, Richard Olson et Vogler démontrent l’origine génétique de la dyslexie à travers l’étude de jumeaux et la probabilité de transmission familiale.
Les chercheurs en psychologie cognitive et en neurosciences commencent à étudier les mécanismes de la lecture et du langage.
On comprend que la dyslexie est souvent liée à des difficultés dans le traitement des sons du langage (conscience phonologique).
Le terme global “troubles spécifiques des apprentissages” apparaît.
Avec l’imagerie cérébrale (IRM, etc.) :
➡️ Les chercheurs observent des différences dans certaines zones du cerveau liées au langage et à la lecture.
On confirme que les troubles dys sont neurodéveloppementaux (liés au développement du cerveau).
Ils ne sont ni une maladie, ni un manque d’effort, ni un déficit intellectuel.
En 1997, classification officielle de la dyslexie développementale comme maladie génétique.
Les troubles dys sont mieux diagnostiqués.
Les systèmes scolaires proposent des aménagements pédagogiques :
-temps supplémentaire
-outils numériques
-police adaptée
-accompagnement spécialisé
En France, ils sont reconnus dans les troubles spécifiques du langage et des apprentissages (TSLA).
La dyslexie est-elle liée à un problème visuel ?
La dyslexie est neurologique (ce n’est pas une maladie !), pas un problème d’acuité visuelle. La difficulté réside dans la reconnaissance des sons et des lettres et leur association, pas dans la vision.
Les Troubles DYS partent avec le temps ?
Les Troubles DYS sont une condition permanente, mais avec un soutien et des stratégies adaptées, ces personnes peuvent apprendre à compenser leurs difficultés.
Le temps seul ne suffit pas, mais une approche adaptée peut faire une réelle différence.
Sont-ils moins intelligents que les autres ?
Les jeunes ayant un trouble DYS ont une intelligence dans la moyenne et bien souvent supérieure ! Les études montrent que 12 % des personnes dyslexiques ont un QI très élevé, alors que dans la population générale, elle est moins de 2,5 %.
| Capacté d’apprentissage | Retards ponctuels, résultats inégaux, découragement |
| Psychologique | Anxiété, manque de confiance en soi, frustration |
| Interaction sociale | Difficultés à se comparer aux pairs, isolement possible |
→ Médecin traitant : Premier interlocuteur (indispensable) qui permet d’éliminer des causes médicales générales (vue, audition, troubles neurologiques, troubles hormonaux, etc.). Quoi qu’il arrive, un dépistage de troubles DYS est systématiquement réalisé pendant la visite médicale de la sixième année d’école.
→ Orthophoniste : Il permet de poser un bilan spécialisé pour la dyslexie, dysorthographie, dyscalculie ou dysphasie.
→ Psychomotricien ou Ergothérapeute : Il permet de poser un bilan spécialisé pour la dyspraxie ou trouble de la coordination motrice.
→ Neurologue ou Psychiatre : Il permet d’identifier d’éventuelles anomalies cérébrales ou troubles associés, pour d’autres Troubles DYS. Il réalise des tests cognitifs, de QI ou de mémoire notamment.
Une fois le ou les troubles DYS diagnostiqués, un parcours de prise en charge sera mis en place. Pour s’adapter à la nature et au niveau de difficultés, chaque suivi est unique.
Vous avez un doute pour votre enfant/ ou un enfant de votre classe ? En attendant le diagnostic, vous pouvez vous renseigner en compléter le formulaire de IdentiDys (ce n’est paas un diagnostic médical mais une échelle d’aide au repérage des troubles DYS).
Une fois le ou les troubles DYS diagnostiqués, un parcours de prise en charge sera mis en place.
Pour s’adapter à la nature et au niveau de difficultés, chaque suivi est unique. Seulement, les délais d’attente pour des rendez-vous chez les professionnels de santé spécialisés sont souvent longs, trop longs.
✔️ Adapter les supports (taille de police,
espacement, pictos)
✔️ Répéter tranquillement les consignes
✔️ Laisser l’enfant utiliser ses outils librement
✔️ Travailler l’estime de soi
❌ Imposer une copie longue ou dense
❌ “Tu ne fais pas attention” ou “tu n’as qu’à écouter”
❌ Les retirer pour « voir ce qu’il vaut vraiment »
❌ Rabaisser sous prétexte d’exigence

